Régulièrement, et souvent en lien avec l’actualité, le service des archives vous propose un document accompagné d’un court commentaire. Par la diversité des époques et des typologies, cette rubrique se veut un panorama de la richesse et de la diversité des fonds conservés.
Naissance de la Compagnie de pompiers de Cahors.
Le premier texte important dans l’organisation des services de lutte contre les incendies est le décret du 5 novembre 1792. Il indique que les dépenses liées au matériel et au fonctionnement sont mises à la charge des communes de résidence. A ce jour, nous n’avons pas trouvé trace de l’organisation d’un tel service à Cahors suite à ce décret. En revanche, la loi du 22 mars 1831 qui prévoit la constitution de corps communaux de sapeurs-pompiers a été suivie d’effet. L’article 40 laisse aux communes la possibilité de former, au sein de leurs gardes nationales, des compagnies ou subdivisions de sapeurs-pompiers volontaires. En tant que militaires, ces derniers sont armés : outre la lutte contre l’incendie, ils exercent aussi un service d’escorte et d’ordre.
Le corps cadurcien est formé dès 1832 : le conseil municipal expose le 13 mai le projet de budget pour 1833 dans lequel plusieurs lignes concernent les pompiers. Au cours du conseil du 9 août 1856, est débattue l’organisation du corps des pompiers : on y apprend que le service dispose de 3 pompes à bras (manœuvrées à bras d’hommes) pourvues de tuyaux en cuir. Les pompiers de Cahors sont regroupés au sein d’une subdivision de compagnie, constituée d’une vingtaine d’hommes dirigés par un lieutenant, lequel est épaulé par 2 sergents. En cas de besoin, 5 sergents de ville, 2 gardes champêtres, le fontainier et les garçons de bureau de la mairie viennent prêter main-forte. Par ailleurs, le concours de la garnison est assuré, une des pompes se trouvant à la caserne. En novembre 1857, l’effectif est de 30 hommes mais il est insuffisant pour la manœuvre des trois pompes. L’expérience montre qu’il faudrait 20 hommes pour chaque pompe soit un effectif de 60 pour Cahors. Le chef de corps, conscient des sacrifices financiers que cela impliquerait pour la commune, estime qu’avec 40 hommes il pourrait répondre à ses missions. En 1859 sont achetés 200 paniers à incendie pour compléter le matériel.
Le 25 août 1871 les Gardes nationales sont dissoutes par la loi mais les compagnies de pompiers sont maintenues. Ces derniers évoluent vers un statut entièrement civil, confirmé par le décret du
29 décembre 1875 : ils passent de la tutelle du Ministère de la guerre à celle du Ministère de l’intérieur. L’engagement, d’obligatoire, devient volontaire sur une durée de 5 ans et les communes s’engagent financièrement sur la même durée. Le décret leur laisse un an pour s’organiser. Le 23 décembre 1876 le conseil municipal valide la réorganisation du corps de sapeurs-pompiers. La dépense pour 5 ans est de 16 835 francs pour une compagnie de 51 hommes dirigée par un capitaine.
En 1882, le capitaine Théodore Ausset adresse au maire un projet de règlement de société de secours mutuels et de retraite que ce dernier valide avant envoi à la préfecture.
En 1884, après accord entre les Départements de la guerre et de l’intérieur, le corps de sapeurs-pompiers de Cahors est autorisé à échanger ses 57 fusils à percussion et ses 56 sabres de troupes à pieds contre 51 fusils Remington modèle égyptien avec sabres baïonnettes.
Concernant leurs tenues, dans un rapport au maire rédigé le 6 décembre 1905 par le capitaine, nous apprenons que nos pompiers sont encore en possession de la tenue qu’ils avaient reçue lors de la fondation du service « qui remonte à plus d’un demi-siècle » : les casques en cuivre sont en fin de vie, les tuniques d’ancien type à longues jupes sont à réformer, les ceinturons et porte-sabres proviennent de l’ancienne garde nationale de 1848 et sont très abîmés.
Fort heureusement, l’équipement va s’améliorer régulièrement tout au long du 20e siècle.
Document présenté : Correspondance adressée au maire de Cahors par le préfet du Lot, le Comte Raymond de Ségur d’Aguesseau à la suite de l’incendie survenu le 12 décembre 1835 à Cahors (Cote archives : EDT 042 – 4H1)
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