Le Lot dans la Guerre
La Seconde Guerre mondiale (1939-1945) a menacé le monde d’anéantissement. C’est une période sombre durant laquelle les nationalismes sont exacerbés et les populations jugées « indésirables » traquées. Juifs, Tziganes, homosexuels, handicapés, francs-maçons, communistes, résistants … sont déportés vers les camps de concentration. Près de six millions d’entre eux n’en reviendront jamais. C’est la première fois dans l’Histoire des guerres que le nombre des victimes civiles dépasse celui des pertes militaires.
Durant cette période, le département du Lot, quoique éloigné des grands champs de bataille, demeure une terre d’accueil. Lieu d’exil pour les réfugiés de 1940, c’est également un territoire reculé qui permet d’abriter des œuvres d’art. Le département est aussi un important foyer de résistances, une réalité facilitée par son relief.
Le musée associatif
La Mémoire directe de cette période se perpétue dans les mentalités locales, jusque dans les années 1990. Après avoir longuement débattu, seize associations d’Anciens combattants, résistants et déportés, fixent l’idée de création d’un musée autour de la Seconde Guerre mondiale dans le Lot. Le 18 juin 1992, le musée de la Résistance, de la Déportation et de la Libération du Lot est inauguré, grâce au travail acharné des membres de son association. Lieu de mémoire incontournable pour les Lotois, il est installé dans les anciens postes de garde de la caserne Bessières. Pierre Combes (1921-2011), ancien résistant-déporté de Cahors, en est le principal animateur.
Cette structure associative est soutenue financièrement par le Département, la ville de Cahors, ainsi que de nombreuses communes lotoises. Après 26 ans d’activité, le musée ferme ses portes en 2018 lors du lancement du projet de réhabilitation de la place Bessières, avec la construction du complexe cinématographique. Les locaux sont détruits, et les collections stockées dans un bâtiment municipal.
Un nouveau musée pour le Lot
Porté conjointement par la Ville de Cahors et le Département du Lot, avec le soutien de l’Association du musée de la Résistance, de la Déportation et de la Libération du Lot, ce projet incarne la volonté de perpétuer le travail d’histoire et de mémoire, auprès des générations futures. Il témoigne d’un engagement collectif fort envers les valeurs républicaines.
Depuis 2018, la collection s’enrichit et fait l’objet d’un inventaire détaillé accompagné de constats d’état. Environ 13 mètres linéaires d'archives ont été classés et seront versés prochainement aux Archives départementales du Lot afin de garantir leur conservation pérenne et leur accessibilité. Cette démarche de professionnalisation fait du musée un véritable centre de ressources pour les historiens-chercheurs, les universitaires et les étudiants.
Grâce à l’appui d’un comité scientifique et d’un comité de pilotage, la Direction du patrimoine coordonne les recherches et construits les contenus scientifiques du parcours permanent. Accompagnée par un cabinet de scénographie (CS Design) et une agence de production audiovisuelle, de multimédia et de muséographie (Anagram Audiovisuel), elle participe également à l’élaboration du parcours muséal.
Lorsque les travaux d’aménagement débutent en septembre 2025, le projet entre dans sa dernière ligne droite, sous la coordination du service ingénierie et gestion de projet de la collectivité. La régie bâtiment fabrique une partie du mobilier muséographique tandis que des prestataires extérieurs sont sollicité pour des travaux spécifiques.
L’ouverture du nouveau musée est officialisée pour le 18 juin 2026, commémorant ainsi l’Appel historique du général de Gaulle et rendant hommage à l’inauguration du premier musée, trente-quatre ans plus tôt.
